Étude de cas - Michel, Prévenir un deuxième AVC
En septembre 2001, Michel, âgé de 70 ans, termine l'été en beauté en gagnant le prix du « meilleur golfeur » de sa division lors du banquet annuel du club dont il est membre. Le lendemain soir, il est victime d'un AVC qui le laisse paralysé du côté gauche. Michel est admis au petit hôpital local où on le stabilise et lui fait suivre des séances de réadaptation limitées.
Michel est imposant, il mesure 6' 5'' et pèse plus de 250 lb. Quelques années avant de subir son AVC, il s'est fait opérer au dos et souffre depuis de douleur chronique. Après son AVC, Michel n'a pas voulu faire de physiothérapie pour améliorer sa mobilité à cause de la douleur et, au bout de trois mois, le personnel de l'hôpital annonce qu'il ne peut plus rien pour lui et qu'il serait préférable qu'il soit transféré dans une maison de soins infirmiers. Bien que ses capacités physiques soient gravement limitées, Michel rejette cette solution et sa femme Suzanne, âgée de 69 ans, doit donc faire les préparatifs en vue du retour de Michel à la maison.
Suzanne et Michel ont une fille de 48 ans, Jeannine, et un fils de 46 ans, Robert. Jeannine a deux enfants au début de la vingtaine, Jean et Jacques.
Suzanne et Michel vivent dans une petite ville du sud de l'Ontario où ils louent une maison à mi-étages. Avant que Michel ne sorte de l'hôpital, Suzanne fait installer une plate-forme élévatrice. Robert, également corpulent, construit une rampe, puis quitte son emploi pour devenir le « porteur » de son père. Lorsque Suzanne se rend à l'hôpital pour récupérer Michel, on lui remet une enveloppe contenant 13 ou 14 comprimés différents. Suzanne se dit alors en elle-même : « Mon Dieu, dans quoi me suis-je embarquée? Ai-je pris la bonne décision? Est-ce que je vais savoir comment prendre soin de Michel? »
Suzanne s'inquiète beaucoup des nombreux niveaux dans la maison. Il n'y a aucune balustrade dans la maison sur laquelle Michel peut s'appuyer en marchant. Elle décrit Michel comme un homme corpulent qui aime bien manger et croit qu'il devrait être plus actif. Il reçoit des soins à domicile et de l'aide pour marcher. Il y a bien un programme de jour, mais Michel est trop gros pour être transporté dans la fourgonnette ordinaire, et les coûts de transport privé sont trop élevés. Bien que Michel soit depuis longtemps membre du club de golf, le terrain n'est pas aménagé pour les fauteuils roulants, et même s'il arrivait à pouvoir entrer, il ne pourrait aller aux toilettes.
Suzanne se sent seule dans ses démarches pour améliorer la santé de son mari. Le groupe de soutien local pour les victimes d'AVC a été dissout car personne n'a le temps de coordonner les réunions. Les familles dont un des membres a été frappé d'un AVC doivent donc lutter seules.
PRÉVENTION SECONDAIRE - CAS DE MICHEL
But : prévenir un autre AVC. On craint que Michel ne subisse un deuxième AVC à cause des facteurs de risque présents.
- Michel a d'importants antécédents familiaux de maladies du coeur et d'AVC. Le père et le grand-père paternel de Michel ont tous deux souffert d'AVC. Sa mère souffrait d'insuffisance cardiaque globale, et son grand-père maternel a eu une « crise cardiaque massive ». Plus récemment, son frère cadet a subi une endartériectomie de la carotide à la suite d'un mini AVC, et son fils (le neveu de Michel) est mort d'une crise cardiaque massive à l'âge de 45 ans.
- Michel a commencé à avoir des problèmes cardiaques, dont la fibrillation auriculaire, environ 10 ans avant son AVC.
- Michel est un ancien fumeur qui a abandonné le tabac il y a environ 25 ans. Il a toutefois été exposé à la fumée secondaire de sa femme jusqu'à il y a trois ans, quand elle a arrêté de fumer.
- Michel fait peu d'activité physique depuis dix ans. Jeune, il était athlétique. Il jouait au base-ball et a même considéré une carrière de joueur de hockey avant de se blesser au genou. Plus tard, Michel s'est mis au golf et, depuis sa retraite, s'y adonnait cinq ou six fois par semaine. Depuis environ 10 ans, toutefois, il se déplaçait en voiturette de golf parce ses genoux le faisaient souffrir.
- Michel a toujours souffert d'embonpoint. Suzanne avoue qu'ils n'ont jamais fait beaucoup attention à leur alimentation. Lorsque Michel a appris qu'il avait des problèmes cardiaques, lui et Suzanne ont éliminé presque toute la friture et réduit leur consommation de viande rouge. Suzanne a observé une amélioration du régime alimentaire de son mari, qui maintenant mange une banane et boit un jus d'orange chaque jour. Michel aime beaucoup les sucreries.
- Depuis 10 ans, Michel et Suzanne ne boivent pratiquement plus d'alcool, même si plusieurs années auparavant, ils aimaient se «payer du bon temps» et buvaient en bonne compagnie.
- Michel n'a rien observé qui lui laissait présager un AVC. Suzanne et Michel ne se souviennent pas d'avoir constaté des signes d'AIT, bien qu'ils ne sauraient pas vraiment les reconnaître.
- Michel prend ses médicaments pour le coeur.
- Michel et Suzanne sont propriétaires d'une petite entreprise et n'ont pas de régime de retraite. Leur maison ne leur convient plus à cause de la mobilité réduite de Michel, mais comme ils sont locataires, ils n'ont pas les fonds nécessaires pour acheter une maison mieux adaptée. À cause de leur âge et de leur situation financière, ils ne peuvent faire une demande d'hypothèque.
- Il n'y a pas suffisamment de transport adapté abordable pour amener les personnes handicapées aux programmes de loisirs et d'activités offerts par les hôpitaux.
IMPACT DES PRATIQUES EXEMPLAIRES EN MATIÈRE DE PRÉVENTION
Dans le cadre de la Stratégie de prévention des accidents cérébrovasculaires de l'Ontario, on procède actuellement à la mise sur pied de cliniques qui appliquent les pratiques exemplaires en matière de soins et de réadaptation à la suite d'un AVC. Michel s'en serait peut-être tiré mieux si l'hôpital où il a été transporté avait administré du TPA, un médicament servant à pulvériser les caillots. Il n'aurait probablement pas eu de séquelles, ou très peu. La possibilité de « renverser un AVC » à l'aide de ce nouveau médicament a un impact positif direct sur le patient, sur sa famille et sur le système de santé qui exploite déjà ses ressources au maximum.
Dans le cas de Michel, on aurait pu éviter certains coûts immédiats, dont les suivants :
- un séjour de trois mois à l'hôpital
- des soins de longue durée (refusés)
- une pharmacothérapie continue
- des services de réadaptation et de soins de longue durée à domicile
- la perte de revenu du fils pour aider à soigner son père
- les modifications apportées à la maison pour en faciliter l'accès.
LISTE DE VÉRIFICATION AUX FINS DE LA PRÉVENTION SECONDAIRE
Objectif pour Michel : Prévenir un deuxième AVC
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CAS DE: Michel
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| Questions |
Oui |
Faits |
| Le patient a-t-il déjà eu un AVC? |
OUI |
Approximativement 25 % des victimes d’AVC sont victimes d’un deuxième AVC au cours des cinq années suivantes. |
| Le patient a-t-il été victime d’un AIT? |
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Le risque d’AVC chez les victimes d’un AIT est de 5 % dans les premières 48 heures, de 8 % dans le premier mois, de 12 % dans la première année et jusqu’à 30 % dans les cinq premières années. |
| Le patient souffre-t-il d’hypertension artérielle non contrôlée? |
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Lorsque non traitée, l’hypertension multiplie le risque d’AVC par 3 ou 4. |
| Le patient doit-il prendre plusieurs médicaments? |
OUI |
La prise de plusieurs médicaments à différentes heures et fréquences peut nuire au respect de la pharmacothérapie. |
| Le patient doit-il prendre des médicaments qui ne sont pas couverts par le régime d’assurance-médicaments? |
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Les plus récents médicaments pour le traitement des AVC ne sont pas toujours couverts par le régime d’assurance-médicaments. Dans ce cas, il faut remplir le formulaire relatif à l’article 8. |
| Le patient souffre-t-il de diabète? |
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Les personnes diabétiques courent un risque de 1,5 à 2,5 fois plus grand d’avoir un AIC. Le diabète est également étroitement lié à l’hypertension, à un taux élevé de cholestérol et à l’embonpoint. |
| Le patient souffre-t-il de sténose carotidienne asymptomatique? |
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Les personnes souffrant d’athérosclérose peuvent n’avoir aucun symptôme d’AIT ou autres. Le risque d’AVC dans les cinq années suivantes est de 11 %. |
| Les personnes souffrant d’athérosclérose peuvent n’avoir aucun symptôme d’AIT ou autres. Le risque d’AVC dans les cinq années suivantes est de 11 %. |
OUI |
Les maladies vasculaires et coronariennes doublent le risque d’AIC. |
| Le patient souffre-t-il de fibrillation auriculaire? |
OUI |
La fibrillation auriculaire augmente de 3 à 5 fois le risque d’AIT. |
| Le patient devrait-il baisser son taux de cholestérol? |
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On devrait prescrire des statines après un AVC pour baisser le taux de cholestérol. |
| Le patient fume-t-il ou vit-il avec une personne qui fume? |
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Le tabagisme augmente le risque d’AVC entre 2 et 6 fois. La fumée ambiante double le risque d’AVC. |
| Le patient fait-il de l’embonpoint? |
OUI |
L’embonpoint augmente le risque d’AVC, d’hypertension, d’élévation du cholestérol et de diabète. |
| Le patient est-il peu actif physiquement? Y a-t-il des empêchements à sa participation à des programmes supervisés d’activité physique? |
OUI |
La sédentarité constitue en soi un facteur de risque d’AVC, mais également d’hypertension, d’embonpoint, de diabète et de maladies du coeur. |
| Le patient consomme-t-il beaucoup d’alcool? |
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Boire plus de 1 à 2 consommations par jour (maximum de 9 pour les femmes et de 14 pour les hommes par semaine) et boire occasionnellement à l’excès double le risque d’AIC et augmente entre 2 et 3 fois le risque d’attaque d’apoplexie hémorragique. Une grande consommation d’alcool est aussi liée à une hausse de la tension artérielle et à l’obésité. |
| Y a-t-il absence de réseau de soutien (famille et amis) au domicile du patient? |
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L’isolement social est associé à un taux de mortalité plus élevé chez les hommes et les femmes. |
| Le patient a-t-il besoin de services de transport pour se rendre à ses rendez-vous ou faire des sorties? |
OUI |
La difficulté d’accès aux soins et services médicaux peut nuire au traitement. |
| La personne fait-elle partie d’un groupe socio-économique jugé à risque (niveau professionnel ou de scolarité peu élevés)? |
OUI |
Les facteurs socio-économiques comptent pour beaucoup dans la variation des pourcentages de maladies du coeur à l’échelle de la province. Les conditions de vie, le niveau professionnel et le niveau de scolarité sont au nombre des principaux indicateurs de maladies du coeur. |
| Y a-t-il des raisons de se préoccuper de la sécurité ou de la santé du patient à domicile? |
OUI |
18. Y a-t-il des raisons de se préoccuper de la sécurité ou de la santé du patient à domicile? |
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